Examen Périodique Universivel: une opportunité pour revendiquer nos droits.


Les associations cusquéniennes Qosqo Maki et Pasa la Voz, en collaboration et avec l’appui de la fondation française Apprentis d’Auteuil, participeront à la 28è session de l’Examen Périodique Universel (EPU) que les Etats-Membres de l’ONU soumettent tous les cinq ans au Conseil des Droits de l’Homme. C’est dans ce cadre qu’a été rédigé le compte-rendu intitulé Droit à l’Autonomie et à la Reconnaissance des Compétences des Enfants et Adolescents Vulnérables et/ou en Situation de Rue à Cusco, qui se développe autour de deux axes :
1) Le droit des enfants/adolescents vulnérables et/ou en situation de rue à la formation technique.
2) La reconnaissance de l’Education Communautaire comme une stratégie fondamentale pour la formation intégrale de ce groupe de population.

Afin d’échanger davantage sur ce compte-rendu et de l’alimenter avec les observations des participants, une première rencontre s’est réalisée entre différentes organisations travaillant avec les enfants et adolescents vulnérables et/ou en situation de rue, le mercredi 31 mai, dans la ville de Cusco. Le deuxième événement, qui se déroulera le mercredi 5 juillet à Lima, avec la participation du congressiste Edgar Américo Ochoa Pezo et la présence de Lizbeth Velez, Conseillère des Droits de l’Homme au Bureau de la Coordinatrice Résidente des Nations-Unies au Pérou, permettra l’ouverture d’un débat avec les représentants de la société civile et de l’Etat, préoccupés par cette situation d’injustice sociale.

Qu’est-ce que l’EPU et quelle est son utilité ? Quel a été tout le processus pour que Qosqo Maki puisse rédiger cette note ?

 

 

Qu’est-ce que l’EPU?
L’Examen Périodique Universel (EPU) est un mécanisme unique du Conseil des droits de l’homme ayant pour but d’améliorer la situation des droits dans chacun des 193 États membres des Nations Unies. Sont examinées les politiques de promotion et protection des droits sociaux, économiques, culturels et civils.

Par ce mécanisme, la situation des droits de l’homme de tous les pays membres de l’ONU est examinée tous les cinq ans. 42 États sont examinés par année lors de trois sessions qui se tiennent généralement en janvier/février, avril/mai et octobre/novembre. Le cas du Pérou sera abordé en novembre 2017. Les pays de l’ONU chargés de l’évaluation du Pérou cette année sont le Venezuela, le Japon et le Portugal.

 

Sur quoi la révision est-elle basée?
Trois documents principaux sont utilisés pour réaliser l’examen d’un Etat:

  • Un compte-rendu national de 20 pages rédigé par l’Etat examiné sur la situation des droits de l’homme dans le pays.
  • Un recueil de 10 pages préparé par le Haut-Commissariat des Nations-Unies pour les Droits de l’Homme rassemblant l’information des organes conventionnels, des procédures spéciales et des agences des Nations Unies telles que le PNUD et l’UNICEF.
  • Un résumé de 10 pages préparé par le Haut-Commissariat aux Droits de l’Homme (HCDH) qui contient l’information de la société civile. C’est dans ce cadre que Qosqo Maki, avec la coopération de la fondation Apprentis d’Auteuil, qui dispose du statut spécifique consultatif devant le Conseil Economique et Social de l’ONU, a eu l’opportunité de participer à ce processus et, de cette façon, a pu exposer ses préoccupations et présenter ses recommandations pour améliorer l’application de droits de l’homme.

 

A quoi sert l’EPU?

  • A améliorer la situation des droits de l’homme.
  • A aborder les violations des droits de l’homme lorsqu’elles ont lieu, avec des exemples clairs : situations concrètes commises par les autorités ou des particuliers, lois non-exécutées, abus.

 

Comment procédons-nous?

  1. De décembre 2016 à mars 2017 : Rédaction du compte-rendu en nous focalisant sur 2 thèmes principaux : la formation en entreprise et l’éducation communautaire. Nous avons bénéficié des recommandations des conseillères techniques suisses, appartenant à la fondation Apprentis d’Auteuil. Ce fut un travail ardu qui a demandé un investissement important, mais qui fut très enrichissant.
  2. 23 mars 2017: Publication par les conseillères suisses du compte-rendu rédigé par Qosqo Maki sur le site internet de l’ONU.
  3. Mai 2017: Rencontre avec l’ambassadeur du Pérou en Suisse, Mr. Basagoitia, qui se chargera, en novembre 2017, de répondre au processus d’évaluation de l’Etat péruvien à Genève devant le Conseil des Droits de l’Homme de l’ONU. Nous avons pu partager nos inquiétudes et exposer nos recommandations. Grace à l’attention accordée par l’ambassadeur, celui-ci nous a donné son appui pour considérer ces thèmes à l’ordre du jour.
  4. Depuis fin mars jusqu’en septembre 2017: Réalisation de l’étape de communication et de diffusion de la note, à travers l’organisation de séminaires à Cusco et Lima avec les éducateurs, directeurs de foyers, associations civiles et représentants des autorités, dans le but d’informer, échanger et débattre sur les deux thèmes de la note. En espérant que le compte-rendu sera diffusé à plus grande échelle après ces rencontres.
  5. En juillet: Visite de Mme Chupin, conseillère technique suisse, à différentes ambassades membres du Conseil des Droits de l’Homme pour leur présenter le compte-rendu et trouver un appui technique pour que les représentants de ces pays puissent soumettre ces thèmes lors de leur propre évaluation.

 

Les associations organisatrices espèrent, à travers la diffusion de cette note, rendre visible la situation dans laquelle se trouvent les enfants et adolescents en situation de rue et/ou de vulnérabilité dans la ville de Cusco.

 

Marie-Indah Laurenceau